De l’Age de pierre à la révolution industrielle en passant par l’Abbaye cistercienne fondée par Jeanne de Flandre les deux guerres mondiales, les terres marquettoises ont été marquées par les époques, faisant aujourd’hui d’elle une ville au patrimoine riche et à l’histoire forte.
Un cimetière mérovingien
Quartier du Haut-Touquet, des fouilles archéologiques ont mis en évidence une dense occupation gallo-romaine avec des bâtiments et des réseaux fossoyés. 130 tombes mérovingiennes et 3 chambres funéraires, réservées à des individus d’un haut rang social, ainsi qu’une grande quantité d’armements, bijoux et verreries ont également été découverts.
Le trésor de la Becquerelle
En amont d’un programme de construction, les archéologues ont fouillé 3 hectares sur le site qui fait face au parc de l’étang, rue Saint-Jean de Dieu. Il est apparu que le site de la Becquerelle était caractérisé par de nombreux fossés datant de la fin de l’Age du Bronze jusqu’à l’Antiquité. L’analyse des quatre puits découverts sur ce site a confirmé la présence d’une zone de villages pouvant drainer des activités commerciales ou artisanales. Et pour cause, de nombreux objets en fer ont été retrouvés dans ces puits. Un des quatre puits a même livré un trésor monétaire de 79 sesterces en cuivre et en bronze, datant de la fin du IIème siècle avant Jésus-Christ.
Les vestiges de l’abbaye cistercienne fondée par Jeanne de Flandre
Des campagnes successives de fouilles, dont la première fut lancée en 2003 à l’initiative de la Ville, ont mis à jour une abbaye cistercienne du 13ème siècle fondée par Jeanne de Flandre et ont révélé certains trésors de l’abbaye : le chevet de l’abbatiale, le soubassement du mausolée de Jeanne de Flandre, la dalle funéraire de Gille de Dadizelle (exposée à Notre-Dame de Lourdes) ou encore des carreaux de pavement de l’église.
Un tramway du début du siècle
L’association Amitram exploite la voie ferrée de 3 kilomètres implantée le long de la Deûle entre Marquette-lez-Lille et Wambrechies. Là, à la belle saison, touristes et curieux peuvent emprunter de vieux tramways et se replonger dans l’atmosphère du début du 20ème siècle sur la seule ligne de tramway touristique de France !
L’église Notre-Dame de Lourdes
L’église Notre Dame-de-Lourdes est un lieu à l’histoire unique. Sa construction intervient dans les années 30 grâce à l’union des habitants et des industriels du quartier de l’Abbaye. L’édifice est construit par les habitants eux-mêmes. En 2003, l’église doit subir d’importants travaux de rénovation que le Diocèse ne peut supporter. La Ville rachète alors le bâtiment pour l’Euro symbolique. Depuis, quelques messes y sont encore célébrées mais le lieu de culte est surtout un lieu de culture avec des expositions, des concerts et une exposition permanente des vestiges de l’abbaye cistercienne de Jeanne de Flandre.
Les Grands Moulins de Paris
Des meuniers de la région, ayant perdu leur outil de travail au cours de la première guerre mondiale, s’associent et font appel à l’architecte parisien Vuagnaux pour construire un moulin moderne : « La Meunerie Lilloise ».
Une parcelle de 8 hectares est retenue sur les bords de la Deûle, là où s’élevait autrefois la Cense de Saint Venant. L’emplacement bénéficie de la présence d’embranchements ferroviaires, en plus des dessertes fluviales et routières.
Le style choisi est néo-régionaliste. Les travaux dureront de 1920 à 1922. A leur achèvement, les bâtiments monumentaux longs de 140 m se composent de 16 silos à blé, d’un « nettoyage » dont le rôle consiste à nettoyer les grains, d’une tour-clocher haute de quarante mètres, d’une meunerie et du magasin aux farines servant à stocker le produit fini. Très rapidement, 16 nouveaux silos à blé, prévus dès l’origine, seront construits.
Mise en service en juin 1923, la minoterie représente alors le fleuron de l’industrie meunière. Elle concurrence les plus grandes minoteries de France avec 600 tonnes de farine produites par jour. Le 30 juillet 1928, les Grands Moulins de Paris rachètent « La Meunerie Lilloise ».
Durant les décennies suivantes, l’activité ne cessera de se développer, et malgré quelques fluctuations, restera importante jusqu’au dernier tiers du XXème siècle. L’entreprise comptera à ce moment un maximum de 366 salariés. Au sein du groupe, le moulin de Marquette-lez-Lille travaille principalement pour l’exportation, en plus de la clientèle régionale. Ses plus gros marchés sont : l’Égypte, le Sri Lanka, la URSS, le Maroc…
Mais le déclin s’amorce. Dans les années 80, la France perd de gros marchés à l’export et l’arrêt de la production sur Marquette est décidé en 1986. Le site fermera définitivement en 1989. Laissé à l’abandon par les différents propriétaires privés pendant près de 30 ans, le site des Grands Moulins de Paris est interdit d’accès par un arrêté de péril imminent.
Classé à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques le 30 mars 2001, le bâtiment sera réhabilité à partir de 2018, grâce à un important programme immobilier. Ré-inauguré le 24 mars 2022, le bâtiment historique accueille aujourd’hui 246 appartements.





