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Les Grands Moulins de Paris

Construit en 1921 sur la rive gauche de la Deûle, la majestueuse minoterie des Grands Moulins de Paris témoigne aujourd'hui de l'histoire industrielle de la ville. Elle accueillera à l'horizon 2021 des logements et des services devenant ainsi un projet emblématique de reconversion industrielle.

Les « GMP », une référence industrielle du 20ème siècle

Après la Première Guerre mondiale, plusieurs meuniers - dont l’outil de travail a été détruit par les combats – décident de se regrouper au sein d’une société anonyme et créent la Meunerie lilloise (1920). Sur un site de 25 000m2, établi à Marquette-lez-Lille, le moulin est mis en service en 1923. Dès sa mise en service, il est reconnu pour sa modernité et pour ses performances (capacité de mouture : 600 tonnes par jour).

Le groupe « les Grands Moulins de Paris » absorbe la Meunerie lilloise en 1928.

Dans les années 30, 366 ouvriers, dont un tiers de Marquettois, travaillent alors sur le site. Le blé français arrive par péniches et par train. 60% de la production est destinée au marché national, le reste à l’exportation.

En 1983, le contexte économique plonge la minoterie dans une difficulté extrême, plombée par la politique tarifaire pratiquée par les Etats-Unis Le chiffre d’affaire chute alors de 70%. En 1986, la production cesse. En 1989, alors que 57 salariés travaillent encore sur le site, les Grands Moulins de Paris ferment leurs portes.

Après la fermeture, la bataille pour la sauvegarde

En 1990, le groupe Bouygues rachète les lieux avant de les revendre en 1991 à la SCI Diane de la Provenchère, toujours propriétaire du site à ce jour. Le bâtiment est depuis laissé à l’abandon, aux proies des vandales et des conditions climatiques. Le bâtiment se meurt et est régulièrement vandalisé.

Le 21 juin 1996, les Grands Moulins de Paris intègrent le périmètre SEVESO imposé par la présence de l’usine Rhône-Poulenc à quelques mètres. L’atelier de fabrication de phosgène, polluant, est à l’origine de cette mesure de la Préfecture. La levée du périmètre interviendra en 2006.

Le 20 décembre 1996, Jean DELEBARRRE, maire de Marquette-lez-Lille, prend un arrêté de péril devant le danger que représente cette friche, interdisant ainsi tout accès. Le propriétaire est alors hostile à toutes les mesures destinées à sauvegarder la bâtisse et évoque même sa démolition. La Ville s’oppose fermement à lui, soutenue par l’Etat qui, en 2001, inscrit les Grands Moulins de Paris à l’inventaire supplémentaire des bâtiments historiques. Devenue trop dangereuse, la bâtisse est placée sous le coup d’un arrêté de péril.

En 2014, les Grands Moulins de Paris font l’objet d’un accord de cession entre Diane de la Provenchère et la Financière Vauban. Une clause suspensive prend déjà en compte l’agrément de l’Etat. Cet agrément, délivré par l’Etat, autorise le promoteur à mener son projet, au vu des contraintes architecturales et administratives imposées par le classement au titre de monument historique (validation par la DRAC, autorisation de mise en copropriété, déductions fiscales). En décembre 2014, la loi de finances exclut le dispositif de défiscalisation pour les bâtiments inscrits à l’inventaire supplémentaire des bâtiments historiques, réduisant à néant l’accord de cession et le projet de réhabilitation.

En décembre 2016, après de longs mois de négociations avec l'Etat, l’agrément fiscal est enfin délivré, autorisant donc la Financière Vauban à déposer son permis de construire.

Novembre 2017 : les permis d’aménager sont déposés. Les permis de construire suivent dans la foulée. 245 logements dans le bâtiment historique, 145 logements neufs dans une tour Vilogia (logement social), 95 logements neufs dans un immeuble neuf Pascal Boulanger. Le Cabinet Maes sera l’architecte du projet complet. Des espaces verts, des services et commerces sont également prévus dans ce projet. Premiers coups de pelle fin 2018.

GMP : la vidéo